Conférence T-DOR

T-DOR 26 novembre

Depuis 1999, le T-DOR est une journée à la mémoire des victimes de la transphobie. En 2013, 238 personnes ont perdu la vie sous l'acte de meurtre transphobes. A Bordeaux, Trans 3.0 a donc organisé en partenariat avec l'IUT Michel Montaigne une soirée pour sensibiliser le public à ces tragédies.

Nous avons organisé la projection du film de Serge Lifshitz "BAMBI" suivi d'un débat avec des membres de Trans 3.0.

L’événement était une belle occasion pour l'association de se faire connaître face à une cinquantaine d'étudiants, professeurs et autres personnes venues s'intéresser au sujet.

Pour le T-Dor, voici une carte réalisée par TGEU montrant les lieux des meurtres reportés :

T-dor

1er Janvier 2008 au 31 Octobre 20213 : 1 374 meurtres reportés de personnes trans' sur plus de 60 pays.

Sources Transrespect - Transphobia

 

sexisme

Réunion Samedi 2 novembre

La prochaine réunion de Trans3.0 est programmée samedi 2 Novembre à 15h au Girofard, 34 rue Bouquière à Bordeaux.

L'ordre du jour est:

- 1ére évaluation du nouveau fonctionnement + groupe Trans3
- participation au TDOR
- soirée Trans3.0
- autres actions de communication
- présentation de 2 étudiantes réalisant un mémoire sur la transidentité
- participation à EELV
- accompagnement de personnes en demande
- questions diverses

Conférence: choisir son sexe au XXI ème siècle

Commentaires Bx II

Une conférence sur le thème «  choisir son sexe au XXIème siècle » a été programmée à l'Université Victor Segalen de Bordeaux, le samedi 21 septembre 2013.
Les principaux intervenants étaient Romain Wegert ( chirurgien), Eric Macé ( sociologue) et François Ansermet ( psychanaliste).

Le thème choisi pouvait être perçu comme un titre accrocheur pour solliciter notre intérêt mais je ne sais pas si cet objectif a été atteint car je n'ai assisté qu'à la 2ème partie de cette conférence.
Je ne ferai donc pas de compte-rendu mais plutôt des commentaires, d'abord sur le thème, ensuite sur le déroulement de la 2ème partie.

COMMENTAIRES CONCERNANT LE THEME :

Tout d'abord, la notion de « choix » avec le fantasme que l'on pourrait choisir le sexe de son enfant lorsqu'on est parent et par amalgame choisir le sien lorsqu'on est adulte!
Par rapport à l'approche transidentitaire, s'opposent toujours les notions de liberté de choix ou d'identité subie.
Historiquement,, on se situe plutôt dans un conflit interne entre le sexe assigné à la naissance et le ressenti « déclaré » à un moment de sa vie par la personne trans. C'est un « non choix » qui est exprimé et qui permet, pour l'instant, la prise en charge médicale de certains soins.
Sous peine de se mettre en danger s'ils ne la réalisent pas, les sujets trans effectuent une « transition ».
Dire qu'ils changent de sexe à cette occasion nécessite également quelques explications car la notion de « sexe » englobe plusieurs conceptions. De plus, elle repose sur le postulat que la somme des naissances ( masculin +féminin = 100%), ce qui est faux car une faible proportion ( entre 1 et 2% naissent avec une impossibilité de catégoriser), ce sont les intersexes.
D'autre part, la notion de sexe peut être utilisée dans plusieurs plusieurs critères ( biologiques, sciences sociales, juridiques)
sexe morphologique, sexe externe, sexe apparent ( pénis, vagin). C'est celui qui sert de référence pour définir le sexe juridique.
Sexe juridique ou sexe d'état civil est celui qui définit la civilité Monsieur ou Madame.
Sexe interne, sexe qui permet la reproduction ( prostate, testicules ou utérus, ovules)
sexe hormonal plutôt testostérone pour les mâles et plutôt œstrogènes et progestérones pour les femelles. On peut rencontrer des fonctionnements atypiques par exemple une femme avec un utérus et des ovules peut être porteuse d'une ou deux testicules internes, d'où production de plus de testostérone. On peut rencontrer des cas divergents avec des catégories hommes ( prostate, pénis, testicules) qui développent une résistance totale ou partielle aux androgènes. Ces personnes ne développent pas les caractères sexuels secondaires liés à leur définition intiale.
Sexe cariotypique. Longtemps, on a cru qu'il n'existait qu'XX ou XY alors qu'il y a de multiples combinaisons possibles, XXY etc...
sexe psychologique ou sexe ressenti qui perturbe toutes les autres données.
Sexe social, celui par lequel on est perçu par la société.

Dire qu'on change de sexe lorsqu'on fait une transition n'est que partiellement vrai car on peut modifier certaines caractéristiques mais pas l'ensemble des caractéristiques liées au sexe.
On peut modifier le sexe hormonal, le sexe social, le sexe morphologique ( plus facile pour les MTF) et le sexe juridique.
On ne peut pas modifier ni le sexe cariotypique ni le sexe interne ( on peut seulement en réaliser l'ablation).
Le sexe psychologique n'est pas modifiable malgré des tentatives réalisées autrefois qui aboutissaient souvent à la mort des sujets ( thérapie psy, neuroleptiques, électrochocs, lobotomie).
Au niveau du genre, si celui-ci est réduit aux genres binaires ( masculin-féminin), la personne trans dispose d'une palette d'expression et il peut modifier son genre. En revanche, il ne peut pas agir sur la perception de son genre par les autres.
La notion de genre renvoie aussi à des comportements plus globaux.

COMMENTAIRES CONCERNANT LA CONFERENCE:

Je n'ai pas assisté à la 1ère partie mais je me suis inspirée des notes prises par Aurélie pour rédiger ces commentaires.
Lorsque je suis arrivée, la plupart des interrogations concernaient la chirurgie et c'était Romain Weigert qui donnait des réponses. Il a bien précisé que les opérations de réassignation sexuelle ne concernaient qu'une minorité parmi les personnes transidentitaires.
François Ansermet a centré son intervention sur les intersexes, public sur lequel il intervient dans son cadre professionnel.
Les intervenants ont abordé le « puberty freezing » qui est une démarche consistant à geler les impacts hormonaux au moment de l'adolescence pour ne pas développer les caractères sexuels secondaires. A la fin de sa puberté, l'adolescent n'est pas engagé encore dans une démarche irréversible et il conserve la possibilité de choisir ou non.
Eric Macé, sociologue à Bordeaux a une bonne connaissance de la transidentité et pose un regard critique sur la démarche des équipes hospitalières actuelles en France regroupées au sein de la SOFECT. Il pense que l'approche n'a pas beaucoup évolué et qu'elle se situe toujours conformément aux théories de Stoller développées il y a quelques dizaines d'années.
A part ces 3 intervenants, il y avait d'autres personnes mais je pense qu'elles n'ont pas montré une connaissance suffisamment approfondie de la question trans.
J'ai même trouvé certaines interventions transphobes et j'ai été choquée qu'on reste au niveau de l'anecdotique pour faire rire l'assemblée en parlant de personne châtrée ou castrée et qu'on genre les personnes dans leur genre de naissance.
Il y avait tellement de commentaires à faire que lorsqu'ils ont fait circulé un micro dans l'amphithéatre, j'ai critiqué le casting de la conférence qui n'avait pas fait appel à aucune personne trans susceptible d'apporter un témoignage réelle d'une personne ayant ou vivant une transition. On est quand même « experte » en ce domaine.
Au moment de la pause, on m'a demandé si je voulais bien venir avec les autres conférenciers, ce que j'ai accepté, volontiers, mais je n'ai pas eu le loisir de pouvoir m'exprimer car le timing était serré.
J'ai juste fait quelques commentaires sur le sexe et le genre, susceptibles de donner des réponses à la phrase « changer de sexe ».

JEANNE SWIDZINSKI

organisation

Compte-Rendu / Réunion du 19 octobre 2013

D'abord, je voudrais remercier tous les participants - et toutes les personnes qui étaient excusées, soit pour participation à l'Existrans 2013, soit pour des motifs personnels ou professionnels. Encore une fois, il y avait plein de monde, c'était vivant, animé, dynamique ... T power !

L'association marque son soutien à l'Existrans et à sa plateforme de revendication, même si les avis divergent sur certains points.

Cette réunion était un peu particulière puisque nous nous sommes efforcés de prévoir une organisation efficace pour l'année 2013/2014. Nous avons décidé que les adhésions 2014 étaient ouvertes ! C'est pas pour faire du zèle mais y'a plus de trésorerie !

Egalement, il est rappelé qu'il est possible d'adhérer en ligne - via Paypal - ou sur place pendant les permanences, en liquide ou chèque. Il est impératif que les adhésions soient enregistrées sur le site internet. Comme on comprend pas trop comment ça marche, Candice se rapproche de Julie pour comprendre puis diffuse une petite procédure d'utilisation (mais comme Candice a le cerveau blond sur ces choses techniques, soit patient, ô transtroistriote).

Nouvelle organisation des réunions mensuelles.

Il est prévu deux réunions mensuelles :

- une réunion de travail le 1er samedi de chaque mois : la prochaine aura lieu le samedi 2 novembre et Candice affiche le calendrier annuel sur le site / Jeanne est chargée de la coordination de ces réunions de travail : rappels, ordre du jour, animation etc.

- une rencontre mensuelle conviviale le 3eme samedi de chaque mois : la prochaine aura lieu le samedi 16 novembre - Candice affiche le calendrier annuel sur le site, sous réserve de modifications par Angel - Angel est chargé de la coordination. L'idée à terme est de trouver un lieu autre que le Girofard, plus accessible et discret, afin de nous ouvrir aux populations "invisibles".

Mise en place de "tours de garde" pour des permanences hebdomadaires sur Internet. 8 personnes sont volontaires et assureront donc des permanences 1 semaine sur 8 : réponse aux demandes sur internet, échanges divers ... Cela va permettre d'avoir une personne-référente 24/24, ce qui nous rend plus accessibles. L'adresse de permanence sera désormais permanence@trans3.fr .

Jeanne devrait assurer des minis-formations pour ces permanences. Pour autant, l'idée générale est de coordonner plus que de répondre aux cas spécifiques : écouter et comprendre la demande, se renseigner, relayer ...

  • Communication

Le sujet n'est pas réellement évoqué, notamment dans l'attente du positionnement d'Akim qui semble intéressé. Je pense qu'il faut mettre ce sujet de la com´ à l'ordre du jour de la prochaine réunion.

Néanmoins, il est prévu d'ouvrir un groupe Facebook afin de développer nos échanges. Je crois me souvenir qu'Angel et petit Kao s'occupent de ça. Toute personne voulant participer devra en faire la demande (quelques mots de présentation). Seuls les adhérents de Trans 3.0 pourront modérer/animer le groupe.

Egalement, Candice va inscrire sur le site trans3.fr , avec des droits d'éditions, toutes les personnes qui coordonnent des projets. Cela leur permettra d'envoyer des newsletter et d'éditer des articles.

  • Gestion des projets :

Tdor - journée du souvenir trans - 20 novembre - coordonné par Jeanne.

Animasia - association sur les cultures asiatiques - éclairage sur les liens avec le genre - coordonné par Lo.

Soirée annuelle - le samedi 14 décembre - Jeanne coordonne - paiement à l'association / privatiser la salle - 10€ + tirelire

Journée de prévention Sida, le 1er décembre 2013 - film de Bruce validé - Candice contacte Bruce pour savoir si une diffusion est possible - puis se met en relation avec Philippe du Girofard.

  • Suivi parcours de soin

Le sujet fera l'objet de discussions ultérieures. Jeanne souhaite coordonner cet aspect.

  • Sujet divers 

Alice, étudiante en psychomotricité, vient présenter ses travaux. Elle fait une étude/mémoire sur les représentations des corps chez les trans, "la manière dont on se perçoit". L'étude se fait en lien avec l'équipe transgender mais cherche des témoignages et surtout une meilleure compréhension du sujet.

Jeanne doit demander le numero wifi du girofard et le transmettre aux membres pour nous permettre de connecter les ordis pendant les réunions : faire les adhésions, visionner des films, faire des skype ou hang-out ...

Je vous rappelle la date de la prochaine réunion : le samedi 2 novembre, à 15h, au Girofard.

Candice

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Trans 3.0 – Le retour !

Vous trouverez ci-dessous une proposition d'organisation, une orientation pour faire débat à la prochaine réunion et l'ordre du jour de la réunion du : Samedi 19 Octobre, au local du Girofard, 15h00 - Bordeaux

Vous en souhaitant bonne lecture !

Orientation Trans3 2014

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Compte rendu Réunion du 8 septembre 2013

Il y avait une petite vingtaine de personnes pour cette dernière réunion Trans 3.0. Quelques personnes, dont la Présidente, n'étaient pas présentes en cette période chargée de début d'année scolaire.

L'association souhaite organiser une grande soirée annuelle - type soirée de gala - et le bar associatif BB25 est pressenti pour nous accueillir. Pour permettre l'expression de tous, il est envisagé qu'un atelier maquillage/habillement soit organisé au Girofard en début de soirée. Il faut décider d'une date, affiner le thème de la soirée et tout caler.

T dor : rappel des dates

Existrans : quelle est la participation de Trans 3.0 ? Ne pas oublier d’en parler sur le site et le Facebook.

Girofard : Conseil d'administration du Giro le jeudi 12 septembre. Les évènements au giro sont à lire sur le site.

Txy : rappel d’une mise en lien plus solide, notamment dans le cadre de la refonte globale du site Txy.

Nouveaux arrivants : présentation et discussions autour de leurs questions (hormonothérapie, praticiens du privé, longueur des protocoles etc…)

Permanences téléphoniques : proposition d’un tour de permanence (trouver les volontaires)

Glimpy (rappel de leur action du 08/09 contre les lois homophobes en Russie : trans 3 est évidement solidaire) et 17 mai (lutte contre l’homophobie et la transphobie), proposition de la part de Glimpy de sensibilisation sur la question trans (caler une date) et d’une action commune

Proposition : Calendrier des évènements (dates 3.0, giro, évènements etc…)

 

Suite à l’avis de la CNCDH …

Suite à l'avis rendu par la CNCDH - Commission Nationale Consultative des Droits de l'Homme - le Nouvel Obs a contacté Candice, secrétaire de l'association Trans 3.0, pour un témoignage sur les difficultés de changement d'état civil. Voici le lien :

http://leplus.nouvelobs.com/contribution/895531-trans-je-suis-une-fille-qui-signe-avec-un-prenom-de-garcon.html

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Les trans demandent un état civil conforme à leur identité de genre - Gay Pride, le 30 juin 2012, à Paris (REVELLI-BEAUMONT/SIPA).

La Commission nationale consultative des droits de l'homme (CNCDH) vient de rendre un avis important en proposant l'introduction de la notion d'identité de genre en droit français ainsi que la facilitation du changement d'état civil pour les personnes transidentitaires. J'ai lu, sur les forums, divers commentaires qui témoignent d'une méconnaissance de la réalité sociale et juridique concernée : incompréhension de la réalité des parcours transidentitaires, étonnement face à l'urgence absolue du changement d'état civil, confusion de notions diverses.

Je n'ai ni les connaissances ni la compétence nécessaire pour proposer une réponse à tout cela. Par contre, je souhaite porter au débat mon simple témoignage : la description d'une réalité plutôt privilégiée qui, pourtant, se heurte au contexte légal français.

  •  Je suis né de sexe masculin

Ma maman a donné naissance à une personne de sexe masculin (du moins, avec toutes les apparences, car les récentes avancées scientifiques montrent que la nature est plus complexe qu'il n'y paraît). J'ai passé l'essentiel de ma vie à essayer d'être "normal" : je me ressentais bizarre mais j'ai joué le jeu avec la plus grande conviction.

J'agissais "en conscience", tout simplement. Je dois pourtant le reconnaître, je n'y arrivais qu'imparfaitement ! J'usais toute mon énergie à être comme tout le monde mais c'était super dur.

J'étais un type bien mais cela ne m'a pas empêché de perdre mes amoureuses. Il manquait quelque chose d'essentiel chez l'homme qu'elles aimaient, certaines parvenaient même à sentir instinctivement le problème mais je ne pouvais pas l'accepter.

  • J'ai essayé de me considérer comme homosexuel

J'avais des troubles aussi. Surtout, parfois l'irrépressible besoin de me vêtir en fille puis de me détester profondément pour avoir de telles pensées et de tels actes. Alors, je voulais me détruire comme se détruisent les personnes refoulées : en m'abîmant par des actes indirects et dangereux.

Aussi, souvent, mon intimité féminine secrète (des gestes discrets comme un mouvement du poignet ou une mimique, même une posture en vélo) m'apaisait puis me semblait dérisoire et vaine. Il en résultait une solide désespérance et la sensation d'un secret honteux alors même que je ne faisais rien de mal.

J'ai longtemps cherché à comprendre, sans succès. J'ai cherché du côté de la maladie mentale. J'ai cherché du côté de la sexualité. J'ai même essayé de me considérer comme homosexuel car, comme beaucoup de monde, j'avais en tête ce cliché qui consiste à penser qu'une personne qui se travestit est un homosexuel qui s'ignore. Pires moments de mon existence. Là, j'ai eu envie de mourir.

  • Aujourd'hui, je vis socialement en femme

À la fin, j'ai trouvé. Expliquer pourquoi et comment serait trop long mais j'ai progressivement compris que j'étais une personne transidentitaire, que je ne faisais de mal à personne, que je devais accepter ma différence et la vivre du mieux possible. Pour arriver à ce diagnostic personnel et intime, j'ai pris toutes les précautions possibles en m'entourant des meilleurs spécialistes, en prenant le temps, en sondant mon âme même.

Alors, je me suis engagée dans un parcours de transition afin de transformer mon apparence masculine en apparence féminine. Toujours avec précautions, pour heurter les autres le moins possible, pour me tester sans me mettre en danger. Doucement, j'ai appris les manières. Avec l'aide du corps médical, j'ai démarré un traitement hormonal. J'ai aussi investi dans la chirurgie esthétique.

Depuis le jour de mon acceptation, je me sens infiniment mieux dans ma tête. Aujourd'hui, je vis socialement en femme. Il me reste encore des étapes à franchir, que j'appréhende avec prudence et calme, qui viendront en leur temps. Je suis apaisée. Je suis en paix avec moi-même. Je ne saurais expliquer pourquoi, mais est-ce si important ? Je dois vivre avec ma différence, ce qui n'est pas toujours facile, mais c'est infiniment mieux que de vivre déchirée et profondément triste.

  • Juridiquement, mon changement d'identité est une usurpation

J'ai veillé à ne jamais heurter personne et je n'ai pris le risque d'un changement social que lorsque j'étais quasi certaine de me fondre dans l'univers féminin. Ainsi, dans ma vie sociale, mon changement d'identité n'a posé aucun problème. Je me demande même si les gens ne me préfèrent pas ainsi.

Professionnellement, j'ai d'importantes responsabilités et le passage était évidemment compliqué. Pourtant, mes interlocuteurs ont compris. J'ai ainsi pu continuer à exercer mon métier sans rencontrer de difficultés. Enfin presque...

Presque... Car, juridiquement, mon changement d'identité d'usage (demander à se faire appeler Madame et à user d'un prénom féminin) s'assimile à une usurpation d'identité. Alors même que j'ai les apparences d'une personne de sexe féminin, que je suis reconnue comme telle, je dois continuer à vivre avec des papiers de garçons et signer avec ma signature masculine. Donc, au boulot, je suis une fille qui signe avec un prénom de garçon.

  • Mes papiers ne correspondent pas à mon apparence

On arrive toujours à de vagues arrangements mais, le principe, c'est ça. Ridicule ! Ridicule et dangereux car, en me dévoilant ainsi quotidiennement, je risque désormais de heurter malgré moi, de provoquer de l'agressivité, des mots durs, etc. Ridicule et dangereux car, si cette situation dure trop longtemps, je me discrédite. Ridicule pour mon employeur également et je n'ai aucune envie d'être la cause involontaire de cela.

En plus, ce n'est jamais drôle de devoir sans cesse justifier de sa différence dans les aéroports, dans les trains, dans certains lieux publics, chez le médecin qui ne vous connaît pas... C'est compliqué aussi, voire impossible parfois, de changer de métier (imaginez, lorsque vous présentez vos diplômes, votre carte de sécurité sociale...) ou d'appartement.

En terme de sécurité publique, c'est également curieux de laisser perdurer une telle situation car mes papiers ne correspondent absolument pas à mon apparence. Il est infiniment plus dangereux de laisser circuler des gens munis de papiers incohérents que de réglementer les modalités du changement d'état civil.

Alors, vous me direz : "Dans ce cas, il suffit de demander un changement d'état civil !" Ce n'est pas si simple.

  • Changement d'état civil des trans en droit français

Le changement d'état civil des personnes trans n'est pas prévu par le droit français. Alors, oui, des solutions ont été trouvées et une construction jurisprudentielle s'est progressivement affirmée mais celle-ci est inégalitaire, injuste et inadaptée :

- en fonction du tribunal que vous saisissez, les critères changent (autour de la notion d'irréversibilité des modifications physiques) et vous obtiendrez ou pas votre changement ;

- en fonction de l'état d'avancement de votre transition – hormonothérapie ou pas, opération de réassignation sexuelle ou pas, suivi psychiatrique ou pas... –, vous obtiendrez plus ou moins facilement ou vous n'obtiendrez pas votre changement ;

- en fonction des délais de procédure et d'éventuels appels, si vous n'obtenez pas le changement du premier coup, vous attendrez plus ou moins longtemps : parfois, il faut attendre des années ;

- une procédure judiciaire a un coût et, en fonction de vos revenus, le sacrifice sera plus ou moins important, voire impossible.

  • Je ne suis pas (encore) opérée

Je me suis lancée dans une procédure de changement d'état civil car il y a urgence. Pour réussir, je cumule atouts et faiblesse.

La grave faiblesse, c'est que je ne suis pas opérée (opération chirurgicale de réassignation sexuelle). Je souhaite éviter de me précipiter, j'ai choisi de m'imposer un délai de réflexion car je considère qu'il s'agit d'un acte d'une intense gravité. Je souhaite aussi éviter d'interrompre ma carrière professionnelle, du moins avoir le choix du moment le plus opportun et ce n'est pas maintenant.

Bref, malgré une circulaire de la chancellerie, pour de trop nombreux tribunaux, s'il n'y a pas d'opération de réassignation sexuelle, il n'y a pas de changement d'état civil !

Les atouts, c'est que j'ai assez d'argent pour me payer la procédure et que j'ai la chance d'habiter dans le ressort d'un tribunal qui accepte les changements dans ma situation, tout cela restant bien entendu soumis à l'appréciation finale des juges. Et je tremble en attendant la sentence. Si le juge ne veut pas, si je me retrouve sans papiers pour encore plusieurs années...

  • Changer de prénom est plus simple

Pour seulement changer de prénom, la procédure est plus simple mais c'est juste ridicule d'avoir, par exemple, un état civil masculin et un prénom féminin. Cela libère des tracasseries quotidiennes mais ne règle aucunement les vrais problèmes que sont l'accès à un emploi, au logement.

A titre temporaire, on pourrait imaginer d'avoir deux prénoms – un féminin et un masculin – pour essayer de se sortir de toutes les situations. Seulement, j'ai appris que les juges ne voulaient pas ! Faut choisir ! Il est donc plus facile aujourd'hui d'avoir un prénom féminin et un sexe masculin que de changer tout simplement d'état civil.

Les juges acceptent de valider cette situation intermédiaire mais ils pourront ensuite vous refuser le changement d'état civil. Imaginez que, du fait de circonstances exceptionnelles, vous restiez au milieu du gué : votre vie pourrait devenir un enfer.

Vous l'avez sans doute compris : in fine, pour pouvoir changer à coup sûr d'état civil, il suffit de se conformer à la demande implicite qui est de se faire opérer avant. De fait, l'État français conditionne le changement de sexe à l'opération de réassignation sexuelle. L'ONU et récemment le Conseil de l'Europe ont fermement dénoncé ces pratiques en les appelant par leur nom : des actes de torture et de barbarie. J'ai lu des trucs sur l'eugénisme aussi. No comment.

  • Une question d'urgence sociale et juridique

En conclusion, de nombreuses voix s'élèvent afin de trouver une réponse adaptée aux nécessités de changement d'état civil des personnes transidentitaires. En préalable, une question technique devait être réglée : comment intégrer ces changements en droit français ? Pour cela, les sages de la CNCDH proposent deux étapes :

- reconnaître l'identité de genre afin de valider juridiquement la particularité transidentitaire ;

- créer une procédure légale de changement en permettant d'obtenir un état civil conforme à son apparence dès que la personne concernée en ressent le besoin.

 

Je simplifie probablement mais, en gros, c'est ça. Seulement, la CNCDH ne fabrique pas les lois et ne vote pas les lois. Il faudrait donc que, désormais, gouvernement et parlementaires s'activent. Cela dépasse la question de la reconnaissance des droits d'une minorité méconnue et stigmatisée pour être d'abord une question d'urgence sociale et juridique.

 

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Compte-rendu de la réunion du samedi 4 mai 2013

Compte-rendu de la réunion Trans 3.0 du samedi 4 mai 2013.

Il y avait une quinzaine de personnes ce qui dénote un certain relâchement alors bon maintenant j'ai les noms de toutes celles et ceux qui ont séché, je dis ça sans aucune menace mais si j'étais vous je reprendrais les bonnes habitudes en me rendant à la prochaine réunion ... surtout SURTOUT que la réunion du 18 mai est SPECIALE !

La réunion du 4 mai a permis d'aborder de nombreux sujets :

- un récapitulatif des évènements en cours ou à venir : voir encart ci-dessous ;

- un point juridique et politique sur le suivi de la question trans par les parlementaires et la CNCDH. Ce point nous a permis de définir une orientation générale que je vous adresse au plus vite ;

- un point sur le projet de jeu de société autour du passing : Travgenre ou le passing de la mort ! En ce sens, un groupe de travail est constitué qui se réunira le 18 mai. Ce jeu doit être techniquement au point début septembre pour envisager de le lancer à Noël ;

- quelques éléments généraux sur le projet de festival trans en Aquitaine. Là aussi, un groupe de travail est en cours de constitution et devrait se réunir, disons première réunion en Juin ;

- une discussion sur les moyens de communiquer afin de développer l'association. Dans l'immédiat et afin de se faire connaître pendant les "marches", nous préparons un flyer et des badges/autocollants Trans 3.0. Proposition de vendre les badges pour constituer un petit budget communication ;

- discussion sur les témoignages de transphobie. Divers avis sur les violences extérieures, les petits actes d'incompréhension et/ou maladresse voire méchancetés courantes, la transphobie familiale qui est courante/usante/anxiogène.

En bref, encore une super réunion, vivante, pleine d'humeurs, d'envies et d'idées. T power !

Candice

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Le prochain rendez-vous : le samedi 18 mai 2013 de 16h à ... 23h !

Exceptionnellement, la réunion du 18 mai débutera à 16h, au local du Girofard, avec le programme suivant :

- réunion dédiée aux relations avec les proches : pour en parler mais aussi pour échanger avec les proches. N'hésitez pas à venir avec vos ami-e-s, parents, enfants, relations pro ... cette réunion étant un peu festive, c'est vraiment l'occasion de mobiliser ;

- groupe de travail sur le jeu de société ;

- à 19h, dîner convivial type "auberge espagnole" (et nous aurons la chance d'assister à l'éclosion des sœurs de la perpétuelle indulgence, lesquelles nous offrirons un sermon rien que pour nous) ;

- à 20h30, marche silencieuse à la bougie, organisée par Glimpy, contre la transphobie et l'homophobie (voir info ci-dessous)

J'ai oublié de préciser mais cette réunion est juste OBLIGATOIRE ... et pas seulement pour les adhérent-es mais aussi pour toutes et tous les T d'Aquitaine (et de Navarre). Il suffit de venir avec son pique-nique (un pique-nique un peu conséquent pour pouvoir partager et bien s'amuser) et une bougie ! Si vous avez également un proche qui passe dans les environs, emmenez le !

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Les dates à retenir :

-Idaho le 17 mai avec les stands du Girofard sur les quais et die in (les gens s'allongent par terre) place pey-berland.

- Idaho le 18 mai avec une marche silencieuse . Départ 21h place Rohan (hôtel de ville Pey-berland) - arrêt palais de justice puis place Gambetta puis cours de l'intendance avec arrêt place de la comédie puis quinconces avec un discours de clôture vers 23h avec le créateur d'Idaho. C'est une marche à la bougie contre l'homophobie et la transphobie donc chaque personne apporte une bougie.

- La course aux dons - bois de Thouars le dimanche 2 juin à 14h au bois de Thouars Talence - les coureurs qui courent pour notre association nous donnent ensuite des fonds. En même temps, j'ai pas tout compris donc n'hésitez pas à compléter ...

- Marche des fiertés le 8 juin 

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Lettre de Karl Zéro à Frigide Barjot

15 avril 2013

Lettre à ma belle-soeur Frigide Barjot

Lorsque tu fus subitement touchée par la grâce à l'occasion de l'élection de Benoit XVI, je me suis réjoui en bon chrétien de ton retour vers le Christ. Je n'ai jamais douté que tous les chemins menaient à Rome, y compris les concerts des "Dead Pompidou's" et les pignolades au "Banana Café". Autant en tout cas que bien des offices liturgiques désuets pour cheveux bleus aigris. Tu as lancé tes "Benoithon", béatifiant ce Joseph Ratzinger que personnellement je trouvais légèrement rance, c'était curieux mais cocasse. Je me disais que ce combat s'inscrivait, en quelque sorte, dans la continuité logique des "combats" déjantés initiés par Jalons sous la houlette de Basile de Koch, mon frère, et ton mari. Nous avions scandé "Verglas Assassin, Mitterrand Complice !" et pour moi le Benoithon, c'était un peu la même chose : du second degré bon enfant...

Mais faut croire que non, puisqu'après la publication d'un livre consacré à ta conversion - dont tout second degré était cruellement absent - tu es devenue l'égérie de "la Manif pour Tous". Là encore, je me suis rassuré, pensant qu'il s'agissait d'une posture, et que comme tu avais rêvé d'être une artiste, ce mouvement serait pour toi une rampe de lancement. J'ai constaté avec quelle volonté, quel acharnement et quelle abnégation tu t'es hissée au statut de princesse du Breaking News... Tu tombais à point nommé pour être le mégaphone d'une Eglise Catholique aphone depuis belle lurette. Pas certain que tous les curés et que toutes leurs ouailles soient contre ce mariage civil pour tous, mais pour une fois au moins, on les entendait. Tu as donc requinqué des millions de cathos déboussolés qui se sont échappés de "la Vie est un Long Fleuve Tranquille" pour envahir les rues à ton appel, poussettes en tête, le temps d'une première manif. "Jusqu'ici tout va bien", comme disait la baseline de "La Haine". Ton collectif avait pris soin de se démarquer clairement de Civitas et d'éventuelles "racailles" identitaires issues des "cités" de Neuilly.

Mais "Il est des croix pour toutes les épaules" disait Marie Antoinette, et tu es devenu la mienne... J'étais en promo pour un livre. L'histoire de Luka Magnotta, le web-killer qui plus que tout voulait être une star... Pas une émission sans que l'on aborde le chapitre familial. Et moi d'expliquer que oui je suis catholique mais que non je ne suis pas contre le mariage pour tous, puisque Jésus a dit qu'il fallait rendre à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu, et qu'il me semble que le mariage civil dépend de César et pas de Dieu. Qu'"Aimez vous les uns les autres" dans l'idée de Jésus, ça englobe les homos, et que si ces derniers (qui seront les premiers ?) ont le désir d'avoir des enfants, je ne vois pas en quoi ces gosses seraient moins aimés par leurs parents. En outre, que spécialiste de faits divers j'avais couvert bon nombre d'affaire d'inceste et de pédocriminalité, mais que pas une fois je n'avais été confronté à des faits semblables chez des parents homosexuels...

Enfin, que frère de Basile, j'avais bien ri à son initiative de solidarité consistant à défiler seul avec sa pancarte en faveur du "mariage pour personne".

Lors de ta seconde manif, tiens donc, les pancartes avaient changé. La loi ayant été votée par l'Assemblée, il était maintenant question du chômage, de rassembler au-delà de la question du mariage tous les mécontents d'Hollande, j'en ai déduit que l'UMP avait dû affréter des cars pour voler au secours de la victoire, et se refaire la cerise après le désastre de la désignation comique de son Président. Une politisation de la manif qui a dû te réjouir, toi l'ancienne fan ultime du Jaques Chirac de 95, de voir "du fin fond des départements la France entière se mettre en mouvement" comme dans la rengaine grotesque du RPR... Ça a un peu dégénéré en fin de manif, quelques excités s'étant invités, ravis de pouvoir commencer à se mettre en jambes pour la suite...

Et puis, il y a eu vendredi dernier. Là, tu étais devant le Sénat, Civitas était curieusement dans le coin, et j'ai compris que tu étais en train de riper total. Tu basculais dans une toute autre histoire, que tu ne maîtrises pas... Quand je t'ai entendue, toi Virginie, ma belle sœur - encore catholique j'espère - tempêter : "Hollande veut du sang, il en aura ! Nous vivons dans une dictature !" Je me suis dit, paraphrasant ton mari :
- Ouh la ! "On se calme et on boit frais à Saint Tropez"!

Le Sénat venait de voter la loi à mains levées, vite fait bien fait, et on apprenait que l'Assemblée l'entérinera dès mercredi prochain ce qui est, conviens-en, de bonne guerre, et guère innovant au regard de notre longue vie parlementaire... Que Boutin en retombe par terre, que des politiciens hurlent à la forfaiture, au déni de démocratie, voire à la fin du monde, c'est leur boulot.
Mais toi ? Serais-tu grisée à ce point par la médiatisation ? Au point de ne plus vouloir redescendre de ton glorieux destrier, telle Jeanne d'Arc pressentant qu'il faut maintenant enfiler la tenue de Sans-Culotte de Charlotte Corday pour rester au top?

On va faire quoi alors ? On va s'entretuer, parce que ça détend ? Attendre un Malik Oussékine de droite pour faire plier Hollande ? Puis on fera marcher des ligues de "patriotes" sur l'Elysée et l'Assemblée, comme en février 34? Non mais : allô, quoi !?

Stop, Frigide ! Fais Rewind d'urgence. Hollande ne veut pas de sang. Je pressens même qu'il l'a en horreur. Et on n'est pas en dictature, mais si tu continues sur ce registre, là, on y va tout droit... Arrête ce jeu, sinon tu sais qui on aura comme Présidente en 2017 ? Je ne peux pas croire que c'est ça que tu veux ? Ok, les Français sont à cran, Cahuzac est un menteur, les socialos patinent dans la semoule, et la crise on va encore en bouffer un moment mais j'ai le sentiment que tu surfes là-dessus, sans réfléchir, que tu t'es prise au jeu sans te rendre compte de où ça risque de nous mener, et - pire - de où ça te mène...

Ton beauf qui te pardonnera si t'arrêtes les frais.