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Trans 3.0 le 7 février 2015

Hello,

La dernière réunion de Trans 3 était très animée. L'ordre du jour était dense mais nous en sommes venus à bout avec en prime, 2 discussions brûlantes sur le difficile équilibre entre visibilité/invisibilité trans et sur le changement d'état civil.

Deux rappels importantes :

- un achat groupé de Bender est en cours : allez voir sur www.facebook.com/trans30 pour consulter le doodle ;

- le premier atelier voix aura lieu samedi prochain : le samedi 14 février, de 16h à 18h

Vous trouverez le compte rendu complet de la réunion en cliquant ici : CR trans3 7 fevrier

A bientôt,

Candice

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Conférence: choisir son sexe au XXI ème siècle

Commentaires Bx II

Une conférence sur le thème «  choisir son sexe au XXIème siècle » a été programmée à l'Université Victor Segalen de Bordeaux, le samedi 21 septembre 2013.
Les principaux intervenants étaient Romain Wegert ( chirurgien), Eric Macé ( sociologue) et François Ansermet ( psychanaliste).

Le thème choisi pouvait être perçu comme un titre accrocheur pour solliciter notre intérêt mais je ne sais pas si cet objectif a été atteint car je n'ai assisté qu'à la 2ème partie de cette conférence.
Je ne ferai donc pas de compte-rendu mais plutôt des commentaires, d'abord sur le thème, ensuite sur le déroulement de la 2ème partie.

COMMENTAIRES CONCERNANT LE THEME :

Tout d'abord, la notion de « choix » avec le fantasme que l'on pourrait choisir le sexe de son enfant lorsqu'on est parent et par amalgame choisir le sien lorsqu'on est adulte!
Par rapport à l'approche transidentitaire, s'opposent toujours les notions de liberté de choix ou d'identité subie.
Historiquement,, on se situe plutôt dans un conflit interne entre le sexe assigné à la naissance et le ressenti « déclaré » à un moment de sa vie par la personne trans. C'est un « non choix » qui est exprimé et qui permet, pour l'instant, la prise en charge médicale de certains soins.
Sous peine de se mettre en danger s'ils ne la réalisent pas, les sujets trans effectuent une « transition ».
Dire qu'ils changent de sexe à cette occasion nécessite également quelques explications car la notion de « sexe » englobe plusieurs conceptions. De plus, elle repose sur le postulat que la somme des naissances ( masculin +féminin = 100%), ce qui est faux car une faible proportion ( entre 1 et 2% naissent avec une impossibilité de catégoriser), ce sont les intersexes.
D'autre part, la notion de sexe peut être utilisée dans plusieurs plusieurs critères ( biologiques, sciences sociales, juridiques)
sexe morphologique, sexe externe, sexe apparent ( pénis, vagin). C'est celui qui sert de référence pour définir le sexe juridique.
Sexe juridique ou sexe d'état civil est celui qui définit la civilité Monsieur ou Madame.
Sexe interne, sexe qui permet la reproduction ( prostate, testicules ou utérus, ovules)
sexe hormonal plutôt testostérone pour les mâles et plutôt œstrogènes et progestérones pour les femelles. On peut rencontrer des fonctionnements atypiques par exemple une femme avec un utérus et des ovules peut être porteuse d'une ou deux testicules internes, d'où production de plus de testostérone. On peut rencontrer des cas divergents avec des catégories hommes ( prostate, pénis, testicules) qui développent une résistance totale ou partielle aux androgènes. Ces personnes ne développent pas les caractères sexuels secondaires liés à leur définition intiale.
Sexe cariotypique. Longtemps, on a cru qu'il n'existait qu'XX ou XY alors qu'il y a de multiples combinaisons possibles, XXY etc...
sexe psychologique ou sexe ressenti qui perturbe toutes les autres données.
Sexe social, celui par lequel on est perçu par la société.

Dire qu'on change de sexe lorsqu'on fait une transition n'est que partiellement vrai car on peut modifier certaines caractéristiques mais pas l'ensemble des caractéristiques liées au sexe.
On peut modifier le sexe hormonal, le sexe social, le sexe morphologique ( plus facile pour les MTF) et le sexe juridique.
On ne peut pas modifier ni le sexe cariotypique ni le sexe interne ( on peut seulement en réaliser l'ablation).
Le sexe psychologique n'est pas modifiable malgré des tentatives réalisées autrefois qui aboutissaient souvent à la mort des sujets ( thérapie psy, neuroleptiques, électrochocs, lobotomie).
Au niveau du genre, si celui-ci est réduit aux genres binaires ( masculin-féminin), la personne trans dispose d'une palette d'expression et il peut modifier son genre. En revanche, il ne peut pas agir sur la perception de son genre par les autres.
La notion de genre renvoie aussi à des comportements plus globaux.

COMMENTAIRES CONCERNANT LA CONFERENCE:

Je n'ai pas assisté à la 1ère partie mais je me suis inspirée des notes prises par Aurélie pour rédiger ces commentaires.
Lorsque je suis arrivée, la plupart des interrogations concernaient la chirurgie et c'était Romain Weigert qui donnait des réponses. Il a bien précisé que les opérations de réassignation sexuelle ne concernaient qu'une minorité parmi les personnes transidentitaires.
François Ansermet a centré son intervention sur les intersexes, public sur lequel il intervient dans son cadre professionnel.
Les intervenants ont abordé le « puberty freezing » qui est une démarche consistant à geler les impacts hormonaux au moment de l'adolescence pour ne pas développer les caractères sexuels secondaires. A la fin de sa puberté, l'adolescent n'est pas engagé encore dans une démarche irréversible et il conserve la possibilité de choisir ou non.
Eric Macé, sociologue à Bordeaux a une bonne connaissance de la transidentité et pose un regard critique sur la démarche des équipes hospitalières actuelles en France regroupées au sein de la SOFECT. Il pense que l'approche n'a pas beaucoup évolué et qu'elle se situe toujours conformément aux théories de Stoller développées il y a quelques dizaines d'années.
A part ces 3 intervenants, il y avait d'autres personnes mais je pense qu'elles n'ont pas montré une connaissance suffisamment approfondie de la question trans.
J'ai même trouvé certaines interventions transphobes et j'ai été choquée qu'on reste au niveau de l'anecdotique pour faire rire l'assemblée en parlant de personne châtrée ou castrée et qu'on genre les personnes dans leur genre de naissance.
Il y avait tellement de commentaires à faire que lorsqu'ils ont fait circulé un micro dans l'amphithéatre, j'ai critiqué le casting de la conférence qui n'avait pas fait appel à aucune personne trans susceptible d'apporter un témoignage réelle d'une personne ayant ou vivant une transition. On est quand même « experte » en ce domaine.
Au moment de la pause, on m'a demandé si je voulais bien venir avec les autres conférenciers, ce que j'ai accepté, volontiers, mais je n'ai pas eu le loisir de pouvoir m'exprimer car le timing était serré.
J'ai juste fait quelques commentaires sur le sexe et le genre, susceptibles de donner des réponses à la phrase « changer de sexe ».

JEANNE SWIDZINSKI

Suite à l’avis de la CNCDH …

Suite à l'avis rendu par la CNCDH - Commission Nationale Consultative des Droits de l'Homme - le Nouvel Obs a contacté Candice, secrétaire de l'association Trans 3.0, pour un témoignage sur les difficultés de changement d'état civil. Voici le lien :

http://leplus.nouvelobs.com/contribution/895531-trans-je-suis-une-fille-qui-signe-avec-un-prenom-de-garcon.html

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Les trans demandent un état civil conforme à leur identité de genre - Gay Pride, le 30 juin 2012, à Paris (REVELLI-BEAUMONT/SIPA).

La Commission nationale consultative des droits de l'homme (CNCDH) vient de rendre un avis important en proposant l'introduction de la notion d'identité de genre en droit français ainsi que la facilitation du changement d'état civil pour les personnes transidentitaires. J'ai lu, sur les forums, divers commentaires qui témoignent d'une méconnaissance de la réalité sociale et juridique concernée : incompréhension de la réalité des parcours transidentitaires, étonnement face à l'urgence absolue du changement d'état civil, confusion de notions diverses.

Je n'ai ni les connaissances ni la compétence nécessaire pour proposer une réponse à tout cela. Par contre, je souhaite porter au débat mon simple témoignage : la description d'une réalité plutôt privilégiée qui, pourtant, se heurte au contexte légal français.

  •  Je suis né de sexe masculin

Ma maman a donné naissance à une personne de sexe masculin (du moins, avec toutes les apparences, car les récentes avancées scientifiques montrent que la nature est plus complexe qu'il n'y paraît). J'ai passé l'essentiel de ma vie à essayer d'être "normal" : je me ressentais bizarre mais j'ai joué le jeu avec la plus grande conviction.

J'agissais "en conscience", tout simplement. Je dois pourtant le reconnaître, je n'y arrivais qu'imparfaitement ! J'usais toute mon énergie à être comme tout le monde mais c'était super dur.

J'étais un type bien mais cela ne m'a pas empêché de perdre mes amoureuses. Il manquait quelque chose d'essentiel chez l'homme qu'elles aimaient, certaines parvenaient même à sentir instinctivement le problème mais je ne pouvais pas l'accepter.

  • J'ai essayé de me considérer comme homosexuel

J'avais des troubles aussi. Surtout, parfois l'irrépressible besoin de me vêtir en fille puis de me détester profondément pour avoir de telles pensées et de tels actes. Alors, je voulais me détruire comme se détruisent les personnes refoulées : en m'abîmant par des actes indirects et dangereux.

Aussi, souvent, mon intimité féminine secrète (des gestes discrets comme un mouvement du poignet ou une mimique, même une posture en vélo) m'apaisait puis me semblait dérisoire et vaine. Il en résultait une solide désespérance et la sensation d'un secret honteux alors même que je ne faisais rien de mal.

J'ai longtemps cherché à comprendre, sans succès. J'ai cherché du côté de la maladie mentale. J'ai cherché du côté de la sexualité. J'ai même essayé de me considérer comme homosexuel car, comme beaucoup de monde, j'avais en tête ce cliché qui consiste à penser qu'une personne qui se travestit est un homosexuel qui s'ignore. Pires moments de mon existence. Là, j'ai eu envie de mourir.

  • Aujourd'hui, je vis socialement en femme

À la fin, j'ai trouvé. Expliquer pourquoi et comment serait trop long mais j'ai progressivement compris que j'étais une personne transidentitaire, que je ne faisais de mal à personne, que je devais accepter ma différence et la vivre du mieux possible. Pour arriver à ce diagnostic personnel et intime, j'ai pris toutes les précautions possibles en m'entourant des meilleurs spécialistes, en prenant le temps, en sondant mon âme même.

Alors, je me suis engagée dans un parcours de transition afin de transformer mon apparence masculine en apparence féminine. Toujours avec précautions, pour heurter les autres le moins possible, pour me tester sans me mettre en danger. Doucement, j'ai appris les manières. Avec l'aide du corps médical, j'ai démarré un traitement hormonal. J'ai aussi investi dans la chirurgie esthétique.

Depuis le jour de mon acceptation, je me sens infiniment mieux dans ma tête. Aujourd'hui, je vis socialement en femme. Il me reste encore des étapes à franchir, que j'appréhende avec prudence et calme, qui viendront en leur temps. Je suis apaisée. Je suis en paix avec moi-même. Je ne saurais expliquer pourquoi, mais est-ce si important ? Je dois vivre avec ma différence, ce qui n'est pas toujours facile, mais c'est infiniment mieux que de vivre déchirée et profondément triste.

  • Juridiquement, mon changement d'identité est une usurpation

J'ai veillé à ne jamais heurter personne et je n'ai pris le risque d'un changement social que lorsque j'étais quasi certaine de me fondre dans l'univers féminin. Ainsi, dans ma vie sociale, mon changement d'identité n'a posé aucun problème. Je me demande même si les gens ne me préfèrent pas ainsi.

Professionnellement, j'ai d'importantes responsabilités et le passage était évidemment compliqué. Pourtant, mes interlocuteurs ont compris. J'ai ainsi pu continuer à exercer mon métier sans rencontrer de difficultés. Enfin presque...

Presque... Car, juridiquement, mon changement d'identité d'usage (demander à se faire appeler Madame et à user d'un prénom féminin) s'assimile à une usurpation d'identité. Alors même que j'ai les apparences d'une personne de sexe féminin, que je suis reconnue comme telle, je dois continuer à vivre avec des papiers de garçons et signer avec ma signature masculine. Donc, au boulot, je suis une fille qui signe avec un prénom de garçon.

  • Mes papiers ne correspondent pas à mon apparence

On arrive toujours à de vagues arrangements mais, le principe, c'est ça. Ridicule ! Ridicule et dangereux car, en me dévoilant ainsi quotidiennement, je risque désormais de heurter malgré moi, de provoquer de l'agressivité, des mots durs, etc. Ridicule et dangereux car, si cette situation dure trop longtemps, je me discrédite. Ridicule pour mon employeur également et je n'ai aucune envie d'être la cause involontaire de cela.

En plus, ce n'est jamais drôle de devoir sans cesse justifier de sa différence dans les aéroports, dans les trains, dans certains lieux publics, chez le médecin qui ne vous connaît pas... C'est compliqué aussi, voire impossible parfois, de changer de métier (imaginez, lorsque vous présentez vos diplômes, votre carte de sécurité sociale...) ou d'appartement.

En terme de sécurité publique, c'est également curieux de laisser perdurer une telle situation car mes papiers ne correspondent absolument pas à mon apparence. Il est infiniment plus dangereux de laisser circuler des gens munis de papiers incohérents que de réglementer les modalités du changement d'état civil.

Alors, vous me direz : "Dans ce cas, il suffit de demander un changement d'état civil !" Ce n'est pas si simple.

  • Changement d'état civil des trans en droit français

Le changement d'état civil des personnes trans n'est pas prévu par le droit français. Alors, oui, des solutions ont été trouvées et une construction jurisprudentielle s'est progressivement affirmée mais celle-ci est inégalitaire, injuste et inadaptée :

- en fonction du tribunal que vous saisissez, les critères changent (autour de la notion d'irréversibilité des modifications physiques) et vous obtiendrez ou pas votre changement ;

- en fonction de l'état d'avancement de votre transition – hormonothérapie ou pas, opération de réassignation sexuelle ou pas, suivi psychiatrique ou pas... –, vous obtiendrez plus ou moins facilement ou vous n'obtiendrez pas votre changement ;

- en fonction des délais de procédure et d'éventuels appels, si vous n'obtenez pas le changement du premier coup, vous attendrez plus ou moins longtemps : parfois, il faut attendre des années ;

- une procédure judiciaire a un coût et, en fonction de vos revenus, le sacrifice sera plus ou moins important, voire impossible.

  • Je ne suis pas (encore) opérée

Je me suis lancée dans une procédure de changement d'état civil car il y a urgence. Pour réussir, je cumule atouts et faiblesse.

La grave faiblesse, c'est que je ne suis pas opérée (opération chirurgicale de réassignation sexuelle). Je souhaite éviter de me précipiter, j'ai choisi de m'imposer un délai de réflexion car je considère qu'il s'agit d'un acte d'une intense gravité. Je souhaite aussi éviter d'interrompre ma carrière professionnelle, du moins avoir le choix du moment le plus opportun et ce n'est pas maintenant.

Bref, malgré une circulaire de la chancellerie, pour de trop nombreux tribunaux, s'il n'y a pas d'opération de réassignation sexuelle, il n'y a pas de changement d'état civil !

Les atouts, c'est que j'ai assez d'argent pour me payer la procédure et que j'ai la chance d'habiter dans le ressort d'un tribunal qui accepte les changements dans ma situation, tout cela restant bien entendu soumis à l'appréciation finale des juges. Et je tremble en attendant la sentence. Si le juge ne veut pas, si je me retrouve sans papiers pour encore plusieurs années...

  • Changer de prénom est plus simple

Pour seulement changer de prénom, la procédure est plus simple mais c'est juste ridicule d'avoir, par exemple, un état civil masculin et un prénom féminin. Cela libère des tracasseries quotidiennes mais ne règle aucunement les vrais problèmes que sont l'accès à un emploi, au logement.

A titre temporaire, on pourrait imaginer d'avoir deux prénoms – un féminin et un masculin – pour essayer de se sortir de toutes les situations. Seulement, j'ai appris que les juges ne voulaient pas ! Faut choisir ! Il est donc plus facile aujourd'hui d'avoir un prénom féminin et un sexe masculin que de changer tout simplement d'état civil.

Les juges acceptent de valider cette situation intermédiaire mais ils pourront ensuite vous refuser le changement d'état civil. Imaginez que, du fait de circonstances exceptionnelles, vous restiez au milieu du gué : votre vie pourrait devenir un enfer.

Vous l'avez sans doute compris : in fine, pour pouvoir changer à coup sûr d'état civil, il suffit de se conformer à la demande implicite qui est de se faire opérer avant. De fait, l'État français conditionne le changement de sexe à l'opération de réassignation sexuelle. L'ONU et récemment le Conseil de l'Europe ont fermement dénoncé ces pratiques en les appelant par leur nom : des actes de torture et de barbarie. J'ai lu des trucs sur l'eugénisme aussi. No comment.

  • Une question d'urgence sociale et juridique

En conclusion, de nombreuses voix s'élèvent afin de trouver une réponse adaptée aux nécessités de changement d'état civil des personnes transidentitaires. En préalable, une question technique devait être réglée : comment intégrer ces changements en droit français ? Pour cela, les sages de la CNCDH proposent deux étapes :

- reconnaître l'identité de genre afin de valider juridiquement la particularité transidentitaire ;

- créer une procédure légale de changement en permettant d'obtenir un état civil conforme à son apparence dès que la personne concernée en ressent le besoin.

 

Je simplifie probablement mais, en gros, c'est ça. Seulement, la CNCDH ne fabrique pas les lois et ne vote pas les lois. Il faudrait donc que, désormais, gouvernement et parlementaires s'activent. Cela dépasse la question de la reconnaissance des droits d'une minorité méconnue et stigmatisée pour être d'abord une question d'urgence sociale et juridique.

 

Lettre de Karl Zéro à Frigide Barjot

15 avril 2013

Lettre à ma belle-soeur Frigide Barjot

Lorsque tu fus subitement touchée par la grâce à l'occasion de l'élection de Benoit XVI, je me suis réjoui en bon chrétien de ton retour vers le Christ. Je n'ai jamais douté que tous les chemins menaient à Rome, y compris les concerts des "Dead Pompidou's" et les pignolades au "Banana Café". Autant en tout cas que bien des offices liturgiques désuets pour cheveux bleus aigris. Tu as lancé tes "Benoithon", béatifiant ce Joseph Ratzinger que personnellement je trouvais légèrement rance, c'était curieux mais cocasse. Je me disais que ce combat s'inscrivait, en quelque sorte, dans la continuité logique des "combats" déjantés initiés par Jalons sous la houlette de Basile de Koch, mon frère, et ton mari. Nous avions scandé "Verglas Assassin, Mitterrand Complice !" et pour moi le Benoithon, c'était un peu la même chose : du second degré bon enfant...

Mais faut croire que non, puisqu'après la publication d'un livre consacré à ta conversion - dont tout second degré était cruellement absent - tu es devenue l'égérie de "la Manif pour Tous". Là encore, je me suis rassuré, pensant qu'il s'agissait d'une posture, et que comme tu avais rêvé d'être une artiste, ce mouvement serait pour toi une rampe de lancement. J'ai constaté avec quelle volonté, quel acharnement et quelle abnégation tu t'es hissée au statut de princesse du Breaking News... Tu tombais à point nommé pour être le mégaphone d'une Eglise Catholique aphone depuis belle lurette. Pas certain que tous les curés et que toutes leurs ouailles soient contre ce mariage civil pour tous, mais pour une fois au moins, on les entendait. Tu as donc requinqué des millions de cathos déboussolés qui se sont échappés de "la Vie est un Long Fleuve Tranquille" pour envahir les rues à ton appel, poussettes en tête, le temps d'une première manif. "Jusqu'ici tout va bien", comme disait la baseline de "La Haine". Ton collectif avait pris soin de se démarquer clairement de Civitas et d'éventuelles "racailles" identitaires issues des "cités" de Neuilly.

Mais "Il est des croix pour toutes les épaules" disait Marie Antoinette, et tu es devenu la mienne... J'étais en promo pour un livre. L'histoire de Luka Magnotta, le web-killer qui plus que tout voulait être une star... Pas une émission sans que l'on aborde le chapitre familial. Et moi d'expliquer que oui je suis catholique mais que non je ne suis pas contre le mariage pour tous, puisque Jésus a dit qu'il fallait rendre à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu, et qu'il me semble que le mariage civil dépend de César et pas de Dieu. Qu'"Aimez vous les uns les autres" dans l'idée de Jésus, ça englobe les homos, et que si ces derniers (qui seront les premiers ?) ont le désir d'avoir des enfants, je ne vois pas en quoi ces gosses seraient moins aimés par leurs parents. En outre, que spécialiste de faits divers j'avais couvert bon nombre d'affaire d'inceste et de pédocriminalité, mais que pas une fois je n'avais été confronté à des faits semblables chez des parents homosexuels...

Enfin, que frère de Basile, j'avais bien ri à son initiative de solidarité consistant à défiler seul avec sa pancarte en faveur du "mariage pour personne".

Lors de ta seconde manif, tiens donc, les pancartes avaient changé. La loi ayant été votée par l'Assemblée, il était maintenant question du chômage, de rassembler au-delà de la question du mariage tous les mécontents d'Hollande, j'en ai déduit que l'UMP avait dû affréter des cars pour voler au secours de la victoire, et se refaire la cerise après le désastre de la désignation comique de son Président. Une politisation de la manif qui a dû te réjouir, toi l'ancienne fan ultime du Jaques Chirac de 95, de voir "du fin fond des départements la France entière se mettre en mouvement" comme dans la rengaine grotesque du RPR... Ça a un peu dégénéré en fin de manif, quelques excités s'étant invités, ravis de pouvoir commencer à se mettre en jambes pour la suite...

Et puis, il y a eu vendredi dernier. Là, tu étais devant le Sénat, Civitas était curieusement dans le coin, et j'ai compris que tu étais en train de riper total. Tu basculais dans une toute autre histoire, que tu ne maîtrises pas... Quand je t'ai entendue, toi Virginie, ma belle sœur - encore catholique j'espère - tempêter : "Hollande veut du sang, il en aura ! Nous vivons dans une dictature !" Je me suis dit, paraphrasant ton mari :
- Ouh la ! "On se calme et on boit frais à Saint Tropez"!

Le Sénat venait de voter la loi à mains levées, vite fait bien fait, et on apprenait que l'Assemblée l'entérinera dès mercredi prochain ce qui est, conviens-en, de bonne guerre, et guère innovant au regard de notre longue vie parlementaire... Que Boutin en retombe par terre, que des politiciens hurlent à la forfaiture, au déni de démocratie, voire à la fin du monde, c'est leur boulot.
Mais toi ? Serais-tu grisée à ce point par la médiatisation ? Au point de ne plus vouloir redescendre de ton glorieux destrier, telle Jeanne d'Arc pressentant qu'il faut maintenant enfiler la tenue de Sans-Culotte de Charlotte Corday pour rester au top?

On va faire quoi alors ? On va s'entretuer, parce que ça détend ? Attendre un Malik Oussékine de droite pour faire plier Hollande ? Puis on fera marcher des ligues de "patriotes" sur l'Elysée et l'Assemblée, comme en février 34? Non mais : allô, quoi !?

Stop, Frigide ! Fais Rewind d'urgence. Hollande ne veut pas de sang. Je pressens même qu'il l'a en horreur. Et on n'est pas en dictature, mais si tu continues sur ce registre, là, on y va tout droit... Arrête ce jeu, sinon tu sais qui on aura comme Présidente en 2017 ? Je ne peux pas croire que c'est ça que tu veux ? Ok, les Français sont à cran, Cahuzac est un menteur, les socialos patinent dans la semoule, et la crise on va encore en bouffer un moment mais j'ai le sentiment que tu surfes là-dessus, sans réfléchir, que tu t'es prise au jeu sans te rendre compte de où ça risque de nous mener, et - pire - de où ça te mène...

Ton beauf qui te pardonnera si t'arrêtes les frais.

Lettre ouverte d’un ancien ami de Frigide Barjot

Mariage gay: une lettre ouverte à Frigide Barjot publiée sur Facebook fait le tour du web

Le HuffPost  |  Publication: 14/04/2013 15:14 CEST  |  Mis à jour: 14/04/2013 15:34 CEST

Frigide Barjot
MARIAGE GAY - 7000 "like", 3100 partages et 760 commentaires en une vingtaine d'heures de publication: il n'y a pas à dire, pour un anonyme du web, ce statut Facebook cartonne. Car il ne s'agit pas de n'importe quel statut. Alexandre Dousson, homosexuel comme il l'indique dans son message, a publié sur son profil une lettre ouverte à Frigide Barjot, figure de proue du mouvement anti-mariage gay.

Les deux personnes se connaissent de longue date selon le jeune homme. Mais aujourd'hui, ce dernier enterre leur relation qu'on imagine amicale, via une diatribe d'une violence verbale rare. Pour Alexandre Dousson, par ses prises de positions, Frigide Barjot est devenue "un danger public":

"Lettre ouverte à Frigide Barjot.Ma Frigide, puisque tu m'appelle mon Alex, depuis 15 ans que l'on se connait, je m'adresse une dernière fois à toi. J'ai de beaux souvenirs avec toi, tu connais ma famille, j'ai brunché chez toi, je t'ai donné le bras sur le tapis rouge du festival de Deauville, nous avons dîné à l'Opéra Garnier, j'ai organisé pour toi et ton président de mari de nombreuses fêtes... Mais bon, je suis gay, favorable à l'égalité des droits et à l'occasion démocrate puisque je vote systématiquement en citoyen consciencieux. Tes propos d'hier me donnent la nausée. Tu as dépassée toutes les bornes et tu es désormais un danger public. Avec ton appel au sang, hier soir je me suis retrouvé à raccompagner les clients jusqu'aux taxis et à les conseiller de faire attention... Tu as ouvert la boite de Pandore de l'homophobie et je ne te le pardonnerais jamais. Je souhaite que le tombereau de merde que tu as soulevé finisses par te retomber dessus et masquer l'odeur putride de tes propos. Sur le bûcher des vanités ou tu terminera surement, brûles à petit feu et ne prie pas ton Dieu cela ne sert à rien il sera bien le dernier à prendre ta défense tant tes propos et la stature que tu te donnes n'est qu'une imposture lorsque l'on connait un temps soit peu ton parcours. Je m'arrête là et je remercie Facebook d'avoir inventé la fonction "supprimer un contact" se sera le dernier plaisir que je m'octroie avec toi."

trans-identite

L’identité de genre et le droit : entre ordre public et vie privée

"On peut dire que sur le plan juridique, le sexe a quitté le corps pour s’installer dans l’âme."

Je vous conseille vivement cette synthèse juridique remarquable sur les notions d'identité sexuelle/identité de genre  :

Accèder au lien Yagg :
Télécharger le document :

Collectif le samedi 16 mars 2013 – place Pigalle – Paris – Participation de Trans 3.0 ?

Bonjour,

Ci-joint un communiqué en préparation pour le collectif PÉNALISATION DU RACOLAGE PUBLIC : 10 ANS DE TROP ! ...

... qui nous demande si nous sommes signataires. Perso, vous connaissez ma position, c'est oui.

Merci de donner vos avis, remarques, suggestions ... bref, on s'appelle et on décide ?

Bises

Candice

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PÉNALISATION DU RACOLAGE PUBLIC : 10 ANS DE TROP !
Le 18 mars 2003, la loi pour la sécurité intérieure, dont l’article 50 fait du racolage
public un délit, a été adoptée au prétexte de rétablir l'ordre public et de lutter plus
efficacement contre la traite des êtres humains, en particulier des migrantEs.
Les effets catastrophiques et contre-productifs de cette mesure ont été annoncés en
amont, puis constatés et constamment dénoncés depuis sa mise en oeuvre.

Loin de garantir la lutte contre le travail forcé, la servitude, l'esclavage et la traite à
ces fins et, au fond, de protéger les personnes, ces dernières doivent faire face à un
arbitraire policier qu'elles subissent q quotidiennement. Les travailleurSEs du sexe et
prostituéEs ont été acculées à la clandestinité, s’éloignant ainsi des structures de
prévention, de soins, de dépistage et d'accès au droit. Repoussées dans des zones de
non-droit, elles se trouvent particulièrement exposées aux contaminations au
VIH/sida et autres IST ainsi qu'aux abus et violences.

Déchues de leurs droits fondamentaux, les travailleurSEs du sexe et prostituéEs,
précarisées et pénalisées, ont vu leurs conditions de travail et de vie se dégrader de
façon dramatique.

Le candidat François Hollande avait promis l’abrogation du délit de racolage public.

Mais le respect de cette promesse est cependant sans cesse repoussé alors que se
profile un engagement vers une pénalisation des clientEs qui est présenté comme un
moyen de protéger les travailleurSEs du sexe et les prostituéEs en inversant la charge
pénale. Cette mesure aura exactement les mêmes conséquences que la pénalisation
du racolage public. C'est pourquoi plus de vingt organisations dénoncent ce projet
depuis bientôt deux ans2.

La prise en compte de l’expertise des travailleurSEs du sexe et prostituéEs, de leurs
alliéEs et des recommandations des autorités indépendantes (CNCDH, CNS, PNUD,
etc.) est fondamentale.
Combien d’agressions, de contaminations, d'arrestations et de détentions arbitraires,
d’expulsions, de morts seront encore nécessaires avant que les voix des travailleurSEs
du sexe et prostituéEs et de leurs alliéEs soient entendues ? Et quand, enfin, les enjeux
de santé publique seront considérés et les droits fondamentaux des personnes
respectés ?

Nous exigeons :
- L’abrogation immédiate et sans condition du délit de racolage public ;
- L’abandon du projet de pénalisation des clientEs ;
- La fin de toute pénalisation et répression du travail sexuel ;
- Une lutte efficace contre tout abus ou violence, en particulier le travail forcé, la
servitude, l’esclavage et la traite à ces fins.

Rejoignez-nous le samedi 16 mars 2013
Place Pigalle à 14h30
Premiers signataires : Syndicat du Travail Sexuel – STRASS, Acceptess – T, Act
Up-Paris, Aides, Les Amis du Bus des femmes, ANA (Avec Nos Aînées), Cabiria,
Etudions Gayment, Médecins du Monde, Solidarité Sida.

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Manifestation du 8 mars, Journée mondiale des droits des femmes

Cette manifestation aura lieu à Paris, place Stalingrad, 18h30, vendredi 8 mars 2013

Merci de mettre vos remarques sur la page Facebook Trans 3.0 - http://www.facebook.com/pages/TRANS-30/488773351160392

SOLIDARITES FÉMINISTES !
Le 8 mars dernier, résonnait « Le changement, c'est maintenant ! ».
Le PS joue sur les symboles, forme un gouvernement paritaire, tient de beaux discours sur l’égalité des droits tout en mettant en place des politiques d’exclusion, de précarisation et de discriminations envers les femmes.
Par exemple, face aux catholiques intégristes priant dans la rue contre le mariage pour touTEs ou intimidant les femmes se rendant dans les centres d’IVG, le gouvernement fait preuve d’une complaisance criminelle.
Quels que soient leur statut socio-économique, leur nationalité, leurs croyances, leur orientation sexuelle, leurs manières de résister contre les oppressions dont elles sont victimes, nous appelons toutes les femmes à se mobiliser.

PARCE QUE L’ÉGALITÉ DES DROITS, ÇA NE SE DIVISE PAS !
Nous réaffirmons notre exigence que la Procréation Médicalement Assistée (PMA) soit ouverte à toutes, y compris aux couples de femmes et aux célibataires.
Nous dénonçons la discrimination et les exclusions dont sont victimes les femmes musulmanes au nom de la laïcité : nous demandons l'abrogation de la loi de 2004 sur les signes religieux à l’école et de la loi de 2010 sur la dissimulation du visage dans l’espace public : nous refusons l’instrumentalisation raciste et islamophobe du féminisme.
Alors que les putes sont de plus en plus stigmatisées et poussées dans la clandestinité, nous exigeons l'abrogation sans condition du délit de racolage public, et refusons toute mesure qui renforce l’exposition aux violences et aux risques de santé, en particulier la pénalisation des clients.
Ici comme ailleurs, une véritable politique de lutte contre le travail forcé, la servitude, l’esclavage et la traite à ces fins doit être menée, dans le cadre du respect du droit commun.
Les personnes trans doivent pouvoir choisir leur identité de genre et changer librement et gratuitement d'état civil, sans condition de traitements hormonaux ou chirurgicaux. L'accès aux modifications physiques qu'elles souhaitent doit être gratuit et dégagé des contraintes d'une soi-disant expertise psychiatrique.
Les violences sexistes, lesbophobes et transphobes doivent être reconnues comme des violences à part entière, et pas seulement évoquées de façon incantatoire pour opposer une République française prétendument éclairée à un « tiers monde » considéré comme obesucrantiste et fondamentalement hostile aux femmes. De même, nous exigeons le rétablissement du droit au séjour pour soins tel qu'avant la réforme de 2011 car cette réforme criminelle condamne à mort des milliers de femmes malades et sans-papiers.
Nous demandons la régularisation de tousTEs les sans papierEs, et le droit d'asile pour les femmes, cis et trans, persécutées.

FACE À TOUTES LES VIOLENCES : AUTODÉFENSE !
Face à toutes les formes de violence sexiste (violence « ordinaire », violence conjugale ou violence institutionnelle), la priorité doit être de favoriser la capacité des femmes d’agir par elles-mêmes. Dans cette optique, il faut privilégier la lutte contre la précarité matérielle (accès à l’éducation, au logement, à l’emploi, à la santé, etc...) et laisser la possibilité aux les femmes de s’organiser entres elles pour agir lorsqu’elles le désirent.
Nous nous opposons à une vision victimaire simpliste des femmes : toutes, nous avons développé des moyens, extrêmement divers, de nous défendre contre les agressions (racistes, sexistes, homophobes, lesbophobes, transphobes, islamophobes…) que nous vivons au quotidien. L'autodéfense individuelle et collective, y compris physique, est légitime : elle doit être encouragée.
SANTÉ, CONTRACEPTION, EMPLOI, ENFANTS :
ÉGALITÉ DES DROITS ET PARTAGE DES CONTRAINTES !
Parce que notre santé ne doit pas être sacrifiée à des mesures d'austérité, nous exigeons l'abrogation de la loi Bachelot, dite loi HPST, une garantie de financement des centres IVG, un accès égal sur le territoire aux services de planification familiale et le remboursement intégral de tous les moyens de contraception, sans les hiérarchiser.
Parce que nous refusons la marginalisation et l'exclusion des personnes handicapées, nous exigeons l'application de la loi pour la mise en accessibilité de tous les lieux publics, afin de favoriser pour les femmes handicapées l’accès aux études, à l’emploi, aux soins, spécialement ceux qui leur sont particulièrement destinés : consultations gynécologiques, suivis de grossesses, IVG...
De même, nous dénonçons toute forme de stérilisation forcée qui constitue une atteinte à la dignité.

Nous exigeons l’abrogation immédiate des franchises pour soins qui frappent en premier lieu les malades les plus précaires.
Nous exigeons l’intégration des femmes dans les essais cliniques et la prise en compte de leurs spécificités.
Nous demandons un véritable service public de la petite enfance, et appelons à développer des formes de prise en charge collective des enfants, sans passage obligé par le modèle de la famille hétérosexuelle.
Nous réclamons des mesures qui garantissent l’égal accès et le maintien dans l’emploi des femmes, et dénonçons les politiques d’austérité menées par le gouvernement, qui frappent en premier lieu et le plus durement les femmes.
Une véritable politique féministe ne consiste pas à favoriser la carrière de quelques femmes, mais à défendre les droits de TOUTES les femmes !
Face à toutes les violences, de gauche comme de droite,
nous répondons : solidarités féministes !

Collectif 8 mars pour toutes : https://www.facebook.com/Collectif8MarsPourToutes
collectif.8marspourtoutes@gmail.com

Premiers signataires : Acceptess-T, Act Up-Paris, ANA (Avec Nos Aînées), Cabiria, Collectif 8 mars pour toutes, Collectif Droits et prostitution, Association Diana Prince Club (Autodéfense pour femmes - Paris/Saint Denis), Etudions Gayment, Grisélidis, Les Panthères Roses, Pink Bloc Paris, OuTrans, R.O.S.A. (collectif féministe anticapitaliste), Syndicat du Travail Sexuel - STRASS, TumulTueuses.